Guide DPE — Étiquettes et seuils
Classes énergétiques DPE A à G
La classe énergétique synthétise la performance d'un logement en une lettre, de A (très performant) à G (très énergivore). Elle conditionne aujourd'hui la valeur immobilière, la possibilité de louer et l'éligibilité aux aides à la rénovation.
Ce guide détaille les seuils précis 2026, l'écart entre étiquette énergie et étiquette climat, l'impact financier sur la valeur du bien et la distribution réelle dans le parc français.
Seuils détaillés des 7 classes
Chaque classe est définie par une fourchette en kWh/m²/an (énergie primaire) et une fourchette en kg CO₂/m²/an (émissions). La pire des deux détermine la classe finale affichée sur le DPE.
Bâtiment passif ou très basse consommation. Maisons RE2020, BEPOS.
Logement neuf RT2012 ou rénovation BBC complète. Très peu de déperditions.
Logement performant. Représente la cible objective d'une rénovation classique.
Performance moyenne. Classe la plus représentée dans le parc français existant.
Logement énergivore. Audit énergétique obligatoire à la vente depuis janvier 2025.
Passoire thermique. Location interdite à partir du 1er janvier 2028.
Passoire thermique majeure. Location interdite depuis le 1er janvier 2025.
Étiquette énergie vs étiquette climat
Depuis la réforme du 1er juillet 2021, le DPE affiche deux étiquettes distinctes. L'étiquette finale correspond à la pire des deux. Cette double évaluation a fait basculer 600 000 logements en F ou G.
Étiquette énergie
Mesure la consommation d'énergie primaire en kWh/m²/an. Elle reflète l'efficacité de l'enveloppe thermique (isolation, étanchéité) et le rendement des équipements de chauffage et d'eau chaude.
Étiquette climat
Mesure les émissions de gaz à effet de serreen kg CO₂/m²/an. Dépend essentiellement du vecteur énergétique : le fioul et le gaz pèsent lourd, le bois et l'électricité décarbonée sont avantagés.
Exemple concret : une maison rénovée chauffée au fioul peut afficher 220 kWh/m²/an (classe D en énergie) mais 75 kg CO₂/m²/an (classe F en climat). Sa classe finale sera F. Remplacer le fioul par une pompe à chaleur permettrait de revenir en D.
Impact sur la valeur immobilière
Selon les données notariales 2025 (Notaires de France, étude DVF), la classe DPE influence directement le prix de vente. La valeur verte est devenue un critère central des transactions.
A ou B
+ 6 à 14 %Prime à la performance, surtout en zone tendue (Île-de-France, métropoles).
C
Référence (0 %)Sert de point de comparaison. Aucune décote, aucune prime particulière.
D
− 2 à 4 %Décote modérée. Acquéreurs commencent à intégrer le coût des travaux futurs.
E
− 7 à 11 %Décote nette. Audit énergétique obligatoire renforce la transparence.
F
− 11 à 17 %Forte décote. Anticipation de l'interdiction de location en 2028.
G
− 15 à 25 %Décote majeure. Logement déjà interdit à la location depuis 2025.
Distribution dans le parc français (BDNB 2025)
Sur 30,4 millions de logements en France, voici la répartition des classes DPE selon la Base de Données Nationale des Bâtiments.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre étiquette énergie et étiquette climat ?
L'étiquette énergie mesure la consommation d'énergie primaire en kWh/m²/an : elle reflète l'isolation, les équipements et le climat. L'étiquette climat mesure les émissions de gaz à effet de serre en kg CO₂/m²/an : elle dépend essentiellement de l'énergie utilisée. Un logement chauffé au fioul peut être bien isolé (B en énergie) mais polluant (F en climat). La pire des deux étiquettes détermine la classe DPE finale.
Quels sont les seuils précis de chaque classe ?
Classe A : ≤ 70 kWh/m²/an. Classe B : 71-110. Classe C : 111-180. Classe D : 181-250. Classe E : 251-330. Classe F : 331-420. Classe G : > 420 kWh/m²/an. Les seuils CO₂ sont parallèles. Un logement est noté à la pire des deux étiquettes : un bien à 200 kWh/m²/an (D) mais 80 kg CO₂/m²/an (F) sera classé F.
Pourquoi la réforme de juillet 2021 a-t-elle modifié les classes ?
Avant juillet 2021, les classes E, F et G étaient calculées uniquement sur la consommation. Désormais, le critère climat (CO₂) peut faire basculer un logement bien isolé mais chauffé au fioul ou au gaz. Conséquence : environ 600 000 logements sont passés de C/D à F/G suite à la réforme, principalement chauffés aux énergies fossiles.
Comment connaître la classe DPE de mon logement sans faire de diagnostic ?
Vous pouvez consulter la base de données nationale de l'ADEME (observatoire DPE) si un diagnostic a déjà été réalisé sur votre bien. Pour un logement jamais diagnostiqué, seul un DPE officiel par un diagnostiqueur certifié COFRAC permet d'obtenir une classe légalement valable. Le Passeport Énergétique Mavie permet une simulation préalable basée sur la BDNB.
Quelle classe vise-t-on en rénovation ?
L'audit énergétique réglementaire impose un objectif minimal de classe B pour le scénario complet, et de classe E pour le scénario intermédiaire (sortie de passoire thermique). Dans la pratique, atteindre la classe C est déjà un excellent résultat technico-économique : il combine isolation performante, équipements efficaces et budget travaux maîtrisé.
La classe DPE évolue-t-elle dans le temps ?
Non, sauf si vous réalisez des travaux. Le DPE est figé pour 10 ans. En revanche, les seuils peuvent être modifiés par décret : la réforme 2021 a notamment introduit le critère CO₂. Il est recommandé de refaire un DPE après une rénovation énergétique majeure pour valoriser le bien et bénéficier de meilleures conditions de revente.
Quelle est la classe DPE moyenne en France en 2026 ?
La classe moyenne du parc français est D, qui représente environ un tiers des logements. Selon l'observatoire DPE de l'ADEME, environ 22 % des logements sont en F ou G (passoires thermiques), soit près de 7 millions de biens. Les zones rurales et les copropriétés des années 1960-1970 sont les plus concernées.